jeudi 16 juin 2016

Nouveau Blog LAMBRETTA-FENWICK Troyes-St-Julien les Villas

Le sujet en sera l'Usine LAMBRETTA puis FENWICK 
sise à Saint-Julien-les-Villas (Aube)
A gauche l'ancienne piste d'essai des scooters sortis de chaîne. A droite le bâtiment des "Chouettes".
Au fond les ateliers qui existent encore à l'arrière du supermarché actuel.
Présentation : Robert FENWICK, après la seconde guerre mondiale, était à la recherche d'une usine libre en province pour décentraliser l'activité industrielle de l'usine Fenwick de St-Ouen en région parisienne.
Après avoir visité des bâtiments vides et disponibles dans la banlieue sud de Troyes, il jeta son dévolu sur une ancienne teinturerie "La Nouvelle" (1) désaffectée depuis 1935 et ensuite occupée par les troupes allemandes en juin 40 qui en avait fait une annexe de Stalag 124, dont le camp principal d'internement de prisonniers de guerre français était à l'hôpital de Hauts-Clos (juin 1940 à 1944) 1940-hauts-clos-troyes-front-stalag-124.

Ainsi commença une activité industrielle FENWICK, avec la fabrication de Ponts-Roulants.

Afin de développer l'usine et se lancer dans un produit de grande diffusion, enfin l'espérait-il, il noua contact avec la société italienne INNOCENTI. Il obtient une licence de production de scooters Lambretta pour la France. Innocenti cherchait à cette époque à sortir d'Italie pour produire et commercialiser son nouveau scooter LD en Europe libérée.

La fabrication s'effectua tout d'abord avec des pièces importées d'Italie. Robert FENWICK et la direction de la nouvelle activité, firent tout ce qui était possible pour fabriquer à Troyes les pièces nécessaires à l'assemblage de scooters, afin de réduire puis d'annuler les importations rendues onéreuses par les droits de douane appliqués par l'Etat français. Il en était de même dans tous les échanges internationaux. Le Marché commun n'était pas né.

(1) Je retrace cette histoire dans ma brochure "Les Usines du Petit-St-Julien", ATEC 2010, 14 € par correspondance.
Voyez aussi : http://oeil-americain2.blogspot.fr/2011/01/teinturerie-de-saint-julien-les-villas.html

Ancienne Teinturerie de St-Julien-les-Villas (Aube) appelée familièrement par le personnel et les gens du quartier :
 "La Nouvelle", (sous entendu société...)

après un dépôt de bilan et une reprise d'activité dans les années 20. 
Cette vue aérienne est très instructive...


Le Scooter Lambretta français


Le Scooter Lambretta français :

Après 1945, l'industrie redémarre. Pour la reconstruction et pour se protéger des influences extérieures, le gouvernement français a mis en place des droits d'importation élevés sur les autres véhicules. De nombreux pays ont fait exactement la même chose. Il était devenu plus coûteux d'importer les étrangers que de construire des scooters en France. Ainsi naquit ACMA en France, qui produisait les Vespa Piaggio. Et à St Julien les Villas, fondée en 1951 "La Société Industrielle de Troyes" (SIT). La société a signé un contrat avec Innocenti pour la construction avec la licence Italienne, en 1952. La SIT a produit en série des  Lambretta LD.

Les deux marques concurrentes ont produit les scooters les plus diffusés des années 50. Toutes deux sont issues de firmes ayant travaillé pour le domaine militaire, durant la seconde guerre mondiale, et reconverties dans l’Italie d’après-guerre.

Née en 1945 la Vespa (Piaggio) innove : coque autoporteuse en éléments d’acier emboutis et soudés électriquement, moteur en porte à faux à droite et boîte à vitesse attaquant directement la roue.

Né en 1947, le Lambretta (Innocenti) rassure : moteur et boite sous la selle, dans l’axe de la machine, transmission par arbre et couple conique. Le cadre est de type caisson en tôle sur les premiers modèles A et B. Alors que la mécanique de Vespa est de type "super carré" (alésage supérieur à la course), celle des Lambretta est de type "longue course" (course supérieure à l’alésage).

En 1951 apparaissent les Lambretta types C et LC au cadre constitué par un tube de forte section. À partir de cette année-là, Lambretta offre le choix entre deux versions : le type C modèle économique.

1951
Le fabricant Italien Innocenti confie à la société FENWICK (créée en 1852 par Noël FENWICK) la licence de fabrication pour la France des scooters Lambretta.

1952
Le Lambretta venant d'Italie est assemblé à St Julien les Villas.
Les D 125 et 125LD Lambretta. Ces programmes ont été identifiés par l'emblème du SIT Société industrielle de Troyes). Le modèle français AP est également identifié par l'extension entre le phare et les porte-anneau phares.

1953
La production française de Lambretta monte en rendement. La production avait une construction française pour Lambretta. Mis à part le carburateur Dell'Orto, type MA 18B2, le carburateur Zénith MCT18 a également été utilisé. Le type des deux écrans latéraux de l'AP 125 étaient à l'arrière avec deux ouvertures circulaires sur tous les Lambretta français. Ceci est en contraste avec la Lambretta Innocenti, qui à partir de 1954 à une autre forme d'orifices d'aération. Les protections latérales étaient différentes et déshabillées de toute tôle superflue. Le type LC est un modèle plus luxueux entièrement carrossé. Alors qu’en Italie les modèles C connaissent le succès, ceux-ci seront boudés en France où on lui préfère la version LC.

1954
L’année suivante ils seront remplacés par les type D et LD. L’esthétique reste la même, mais les modifications mécaniques affectant la partie cycle sont plus importantes. De son côté, la Vespa évolue : augmentation de cylindrée de 100 à 125 cm3, passage du phare du garde boue au guidon, apparition du capotage de guidon, apparition d’un vilebrequin original dont les masselottes assurent à la fois la fonction de distributeur rotatif et de pré-compression dans le carter...

Des Lambretta et des Vespa ont été fabriqués sous licence en France, dans les années 50, par la Société Industrielle de Troyes (SIT) pour les uns, à Fourchambault dans La Nièvre, par les Ateliers de Construction de Motocyles et d’Accessoires (ACMA), pour les autres.

Victimes de la crise qui frappe d’abord la moto puis aussi le scooter, la fabrication des Lambretta français ne passe pas le cap des années 60, l’usine ACMA ferme ses portes en 1962. Lambretta et Vespa sont dès lors importés en France par la SAFD, pour les uns, et par Vespa France, pour les autres.

Alors que la Vespa continue une longue carrière dans le monde entier, et que le Groupe Piaggio se développe dans le domaine du 2 roues, Lambretta ne résiste pas aux années 70. Rachetée par le groupe British Leyland, la société Innocenti se reconvertit dans l’automobile. Cependant, la fabrication des Lambretta survivra de l’autre côté des Pyrénées grâce à Lambretta Servetta, la filiale espagnole, ainsi qu’en Inde. Des Lambretta espagnoles seront même dans les années 70 au catalogue de la CYCMO, petit constructeur français de 2-roues à l’existence éphémère.

Source : en vente à l'ATEC-TROYES http://atec-troyes.blogspot.fr/


Locotracteur Fenwick devant école Robin Noir, St-Julien les Villas/Troyes

Expédition par wagons. Lambretta et Fenwick

Avenue Michel Baroin actuelle
Source : Jean-Claude TIQUET - Chef d'équipe à Fenwick-Manutention, que nous remercions

A l'arrière-plan, l'usine Lambretta puis Fenwick, à droite le faisceau de voies de chemin de fer qui reliaient l'usine à la voie principale. Le faisceau permettait de manœuvrer et de constituer des rames distinctes selon les destinations. 

Cet ensemble remarquable donnait accès aux productions de scooters puis de chariots élévateurs au marché national. Plus à droite, le parc du château des Cours non loti. Rappelons que le terrain où fut construite l'usine (une teinturerie dite de St-Julien, après 1880) faisait parti de ce parc boisé.


FENWICK-LAMBRETTA article de Jorge D'HULST pour Libération-Champagne, du 9 février 2010

Article de Jorge D'HULST dans LIBERATION-CHAMPAGNE du 9 février 2010

Salon des cartes postales de St-Julien, un avis de recherche avait été lancé dans la presse, relayé par mon ami Jorge D'HULST, pour obtenir des témoignages d'anciens employés de l'usine Lambretta-Fenwick. 
Une douzaine de personnes se sont présentées au stand de l'ATEC. Leurs témoignages permirent de mettre en lumière quelques faits particuliers oubliés 25 ans ans après l'arrêt de la fabrication des chariots élévateurs et plus de 30 ans après celle des scooters sous licence italienne (1).

En juin 2010 Madame Denyse LEVAIN-CHAPUT réunissait plus de 270 anciens et leurs familles à la salle polyvalente pour une journée souvenirs, Avec retrouvailles et réjouissances, repas et conférence en présence de Monsieur le maire PICARA. Une belle rencontre entre anciens membres du personnel de Fenwick. Quelques rares personnes avaient connu les trois activités successives, à savoir la fabrication de ponts-roulants, la production de scooters et enfin le montage des chariots élévateurs de la marque internationalement connue FENWICK, à tel point que son nom devint générique pour désigner un chariot élévateur.

(1) Rappelons que c'est Robert Fenwick qui, après négociations, obtint la licence de fabrication pour la France avec Ferdinando Innocenti (né le 1er septembre 1891 à Pescia, dans la province de Pistoia, en Toscane et mort en 1966 à Milan) est un industriel italien. Il est connu pour la marque de scooter Lambretta et les voitures Innocenti (notamment des Minis fabriquées sous licence).

Lambretta une origine italienne

Article provenant d'une revue


LAMBRETTA, produit par la Société INDUSTRIELLE de TROYES

Badge et marquage spécifiques à la production troyenne


Modèle LD fleuron de la gamme produite à St-Julien

La Gamme des Lambretta




Lambretta-Fenwick, les anciens se souviennent


Emplacement de l'usine LAMBRETTA puis FENWICK

Sur cette partie de carte IGN de 1954, centrée sur St-Julien-les-Villas, on remarque que le Château des Cours est toujours indiqué et que seules quelques ruines sont mentionnées. Que l’usine représentée est celle de l’époque Lambretta avec son embranchement fer et sa piste d’essai. Le Triffoire, le canal et son plan d’eau ont toute leur importance au milieu des parties boisées encore fort étendues. L’urbanisation des lotissements n’est pas encore à l’ordre du jour et la commune de St-Julien demeure très aérée avec un habitat à la densité très lâche [1]. On voit bien que le site usine est à l’écart des grands courants de circulation qui prennent de l’importance dans ces années 1950. Entouré par l’eau, au fond de son allée privée et desservie par la rue Louis-Blanc, sa position ne lui permettra pas une reconversion industrielle après la fermeture de Fenwick. La municipalité a bien « joué le coup », malgré les difficultés dues au dépôt de bilan de Fenwick, en décidant une refonte du quartier et le percement d’une avenue dans les lotissements maintenant construits. La ville de St-Julien-Les-Villas a redynamisé ses « Rives de Seine » dont Intermarché a su faire un rendez-vous commercial incontournable et apprécié des résidents de ce quartier moderne, sans immeubles laids, comme c’est trop souvent le cas avec l’urbanisation des années 60/70. Le pont projeté ouvrira l’espace communal des deux côtés des rives de la Seine berceau de la commune sancéenne, née de ses dérivations et de ses moulins. 
Extrait de la brochure : Les usines du Petit St-Julien, ATEC 2010



[1] La population à plus que doublée passant de 3229 habitants en 1954 à 6859 en 2009 – Le nombre de ménages de 1012 à 2603 en 1999 et le nombre d’immeubles de 882 à 2756 en 1999. Ces données montrent que la commune est essentiellement  pavillonnaire. Source : Bulletin municipal de la ville de Saint-Julien-les-Villas N°1, 1965 - INSEE, www. insee.fr

Usine LAMBRETTA années 1950

L'usine en 1961 -Source IGN http://www.geoportail.gouv.fr/accueil

En n°10, Allée Privée Fenwick :
Ce plan met en bien relief l'embranchement particulier SNCF
Emplacement de l'usine en bordure d'un bras de Seine (eau nécessaire pour l'ex-teinturerie).Aujourd'hui le terrain est occupé par Inter-marché.
Remarquez  l'embranchement particulier SNCF, (le trait noir en courbe) : raccordement du chemin de fer à la voie principale au niveau de la gare de St-Julien.
En pointillé, le canal de la Haute-Seine dit : Canal sans eau.

TROYES Lambretta LD, une icône du scooter

Une approche du fameux modèle LD produit à TROYES pour la FRANCE
 Innocenti, une reconversion réussie : 
Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, l'entreprise Innocenti, spécialisée dans le tube industriel en acier, voit, comme la majorité de l'industrie Italienne, son activité reprendre fortement. À la recherche de nouveaux marchés pour étendre son champ d'action, Ferdinando Innocenti tournera ses pas vers un besoin particulier de la nouvelle vie civile : le transport populaire. À l'instar de Piaggio et sa Vespa, le scooter allait devenir le produit principal d'Innocenti. La maison Innocenti dessine son premier scooter (dit modèle A) en 1947 dans son usine de Lambrate près de Milan. L'endroit donnera son nom au scooter et à la marque : Lambretta. Elle fera figure d'icône au sein du mouvement Mods. Mod_(sous-culture)
Après quoi, sortira, en 1951, le modèle D en 125 et 150 cm3, très proche du C, avec un refroidissement par air forcé pour le 150D et une vitesse maximum de 80 km/h.
En attente d'expédition...
Le LD de production française : 
La version carénée suit également, c'est le fameux LD qui sera produit jusqu'en 1959 en 125 et 150 cm3 pour 5 et 6 ch, y compris en France près de Troyes. C'est la Société l'Industrielle de Troyes qui produira les LD françaises. Au début, la carrosserie était similaire à celle du LC, seule la couleur différait (marron pour LC, gris bleu pour LD). Toutefois, la réglementation française imposait un phare de plus grande dimension. Les premières LD avaient dont une collerette agrandisseuse pour accueillir un phare aux normes françaises, avant que soit construit un élément central de tablier, comportant un logement de phare redessiné et agrandi, en 1953. Dans le même temps, la selle, qui était celle du LC (cuir, et ressorts) deviendra sur le LD une élégante selle en caoutchouc galbé de couleur bleue.

Le LD, une icône :
Le LD se fera au fil des années d'emploi une solide réputation de fiabilité auprès de ses utilisateurs, et son moteur centré lui donnera également une prétendue meilleure tenue de route que son concurrent Vespa. Pour en savoir plus : wikipedia

Claude SAUVAGEOT et son LD (Claude est membre de l'ATEC-TROYES)

TROYES-ST-JULIEN, visite de l'usine

Brochure de l'Académie troyenne d'études cartophile 

Histoire de Lambretta à St-Julien

En vente à l'ATEC : http://atec-troyes.blogspot.fr/

Le site a cessé toute activité industrielle et s'est reconverti en activité commerciale.
 Au premier plan, allée Fenwick et pont sur le Triffoire, vers 1955.



LAMBRETTA-FENWICK TROYES/St-Julien, Plans des ateliers