Ode à la Lambretta

Renaissance

Du fond de la grange la belle endormie
Pustules de rouille et cœur meurtri
La Lambretta en chemin désespère
De recouvrer son allant de naguère
Le soleil a chu, l’horizon s’étire
Son moteur chahute et son pot transpire
Crachant, soufflant, Ahanant
Son moteur atone las et asthmatique
Promet des vrombissements cathartiques

Le moteur tombé, la culasse ouverte
Chemise immaculée comme diaphane
Semblable à un cratère vitrifié
De lave calaminée et de Co2 libéré
Bielle et piston dégingandés
Le corps de la belle alors dépouillé
Mourant, expirant, renâclant
Gisait dans le garage de l’artiste
Présage d’hypothétiques tours de piste

Auscultée, disséquée, ré apprêtée
La belle reçoit sa cure de jouvence
Le corps enduit de minium et d’essence
Onction sacrée consacrant renaissance
Tous ses organes rajeunis pour lui plaire
La Lambretta affrontera le grand air
Rayonnante, vibrante, pétaradante,
Prête à défier les guêpes volantes
S’élancera sur les routes de France
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Jacques Roland

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